RAFAEL CORREA investi président en Equateur.
Par Adeline, vendredi 26 janvier 2007 à 10:55 :: Actualité de l'Equateur :: #75 :: rss
QUITO (Reuters) - Rafael Correa a prêté serment lundi, devenant le huitième président équatorien en l'espace de dix ans, et il a promis de mettre en oeuvre des réformes radicales lors d'une cérémonie à laquelle ont assisté plusieurs tenants de la gauche sud-américaine hostile aux Etats-Unis.
Economiste charismatique formé aux Etats-Unis, Correa a donné des sueurs froides à Wall Street en s'engageant à renégocier la dette, à remettre à plat les accords pétroliers et à mettre un terme au bail concédé aux Etats-Unis pour l'utilisation d'une importante base militaire. "La terre revient, les emplois reviennent et la justice revient", a-t-il déclaré après avoir prêté serment vêtu d'une chemise traditionnelle des Andes. Correa s'est engagé à débarrasser le pays de la corruption, a appelé les émigrants à revenir en Equateur et a entonné son refrain habituel sur la paiement de la dette, menaçant de décréter un moratoire sur ce qu'il appelle les paiements "injustes". Il a également promis de faire le ménage parmi les élites politiques, souvent considérées comme corrompues et de réformer la constitution. De telles prises de position risquent de provoquer des divisions et de mettre en péril un fragile système politique dans un pays où trois présidents ont été chassés du pouvoir en l'espace de dix ans, victimes de la rue ou d'un parlement hostile. Les premières semaines de son mandat s'annonçaient tendues alors que la majorité au Congrès était opposée à ses réformes constitutionnelles.
CHAVEZ, MORALES, AHMADINEJAD
Correa souhaite la mise en place d'une assemblée constituante chargée d'élaborer une nouvelle constitution afin de réduire l'influence des partis sur la justice et d'obliger les députés à vivre dans les cirsconscriptions qui les ont élus. Mais, le chef de la deuxième formation politique du pays au parlement lui a apporté son soutien mardi, écartant dans l'immédiat le risque d'une crise politique. Fort de cette courte majorité au Congrès, Correa devrait donc obtenir le feu vert pour appeler à la tenue d'un référendum sur la convocation d'une assemblée constituante. La victoire de Correa en novembre dernier participe de la renaissance de la gauche en Amérique latine et de ce qui ressemble à la naissance d'un front anti-américain, réunissant outre le dirigent équatorien, le dirigeant vénézuélien Hugo Chavez, le président bolivien Evo Morales et le président du Nicaragua Daniel Ortega. Correa ne s'est toutefois pas montré aussi virulent que son homologue vénézuélien dans ses attaques contre les Etats-Unis. Il a certes déclaré que le diable devrait se sentir offensé d'avoir été comparé par Hugo Chavez à George Bush aux Nations unies en septembre dernier mais le dirigeant équatorien a par ailleurs souligné le geste "noble" du président américain qui l'a félicité pour sa victoire.
"Mon ami ne dirige pas ma maison, je la dirige", a déclaré Correa, semblant ainsi prendre ses distances avec Chavez.
Chavez, Morales mais aussi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, autre pourfendeur des Etats-Unis, étaient présents à la cérémonie d'investiture.


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